Les compétitions fsgt

Accorder une importance nouvelle aux pratiques de compétitions

C’est une des réorientations opérées par notre comité, annoncée lors de la dernière assemblée générale.

Plusieurs éléments ont poussé à cette volonté.

D’abord, un état d’insatisfactions et de tensions, qui dure depuis longtemps, à propos des pratiques compétitives organisées dans le comité. Manque de rigueur pour les uns, trop de rigueur pour les autres… Trop de similitudes avec les compétitions FF pour les uns, pas assez pour les autres… Trop d’importance accordée aux meilleurs pour les uns, pas assez pour les autres… etc.

S’ajoute, et ce n’est certainement pas sans lien avec ce qui précède, un constat d’affaiblissement continu des pratiques compétitives organisées par le comité. Certes, il y a des différences selon les disciplines, mais c’est particulièrement le cas chez les enfants et les jeunes.

Or, la Seine-Saint-Denis est un département particulièrement jeune.

Or, les spécialistes du développement de l’enfant sont très clairs sur le sujet. L’opposition est nécessaire au progrès. Pour devenir soi-même, il faut se mesurer à d’autres…

Or, à tous les âges, la compétition favorise la rencontre, la relation, la connaissance, pousse à la pratique, stimule le progrès…

Bien sûr, l’évolution du sport médiatisé et commercialisé, avec ses scandales à répétition, ces sommes colossales distribuées à quelques athlètes, les moyens publics qui y sont consacrés pendant que les clubs « de base » sont laissés sans ressources, l’excès d’importance accordée aux résultats, les récupérations politiciennes, génère beaucoup d’interrogations quant aux valeurs du sport de haut niveau et entraine des phénomènes de rejet, d’autant qu’il n’est pas sans influence sur les comportements des dirigeants, entraineurs et pratiquants. C’est certainement dans cette contradiction entre l’intérêt fondamental de la compétition pour le progrès humain et ce que les médias nous en donne comme modèle, qu’il faut chercher l’origine des tensions et des insatisfactions ressenties dans les pratiques compétitives de notre comité.

Mais cela ne doit nous faire perdre de vue l’essentiel : l’intérêt des pratiques compétitives pour le progrès humain.

Un cadre de référence pour les pratiques compétitives départementales FSGT

Compétition et loisir…

Rectifions d’abord un abus de langage qui n’est pas toujours innocent. On entend souvent dire qu’il y a d’un côté « le sport de compétition » et de l’autre « le sport de loisir ». Cette manière de différentier les deux est totalement erronée.

Il y a le sport professionnel et le sport amateur, cela est vrai. Le sport amateur, par définition, se pratique dans le temps de loisir, en dehors du temps d’étude ou de travail. C’est un loisir, qu’il soit de compétition ou pas.

Dans ce temps de loisir, certains sportifs font de la compétition, d’autres non, parfois les deux dans des activités différentes.

Le comité se positionne pour organiser des compétitions dans les temps de loisir.

Compétition et élitisme…

L’élitisme n’est pas inhérent à la compétition. Etre élitiste, c’est n’organiser que des compétitions pour les meilleurs, c’est leur consacrer tous les moyens, c’est être indifférent aux perdants, c’est considérer que quand on est éliminé, on ne peut plus concourir. A l’inverse, le rejet de l’élitisme peut conduire à laisser de côté les meilleurs et à ne pas s’intéresser à la poursuite de leurs progrès.

Le comité se positionne pour qu’un ensemble de compétitions soit proposé aux adhérents, à tous les niveaux de pratique, permettant à chacun d’aller le plus loin possible dans ses performances.

Objet de la compétition…

La compétition peut être pensée de plusieurs points de vue : un but, un moyen, une forme de pratique ludique.

La compétition « but »… la compétition va être le but de la pratique. L’objectif pour l’athlète est d’améliorer sans cesse ses performances, d’affronter des adversaires de plus en plus forts, de devenir meilleur qu’eux, de le rester le plus longtemps possible et d’aller au bout de ses possibilités. Pour l’entraineur, c’est parvenir à faire s’exprimer le potentiel de l’athlète, être capable de le motiver, de l’accompagner, de le soutenir. Pour l’athlète, cela suppose des entrainements réguliers, de l’assiduité, de la persévérance, l’acceptation de l’échec, la volonté de le surmonter, le respect de l’adversaire sans lequel il n’y a pas de progrès possible.

La compétition « moyen »… la compétition est un outil pédagogique utilisé à différentes fins : mesurer où on en, voir l’effet de la pratique, stimuler le dépassement de soi, varier la pratique, créer des liens. Le but n’est pas de devenir meilleur que les autres mais de progresser soi-même.

La compétition « ludique »… la compétition devient la forme unique de pratique. C’est le cas par exemple pour une grande partie du foot à 7. Pas d’entrainement, que des matchs, moins de contraintes. Il n’y a pas d’indifférence des pratiquants vis-à-vis des résultats, mais l’essentiel reste de se dépenser et de se faire plaisir.

Chaque type de compétition impose des conditions d’organisation particulières. Le comité se positionne pour différentier et organiser les trois types de compétition.

Compétition et âges…

Bien sûr, la compétition « but » convient plus aux enfants, aux ados et aux jeunes adultes. Passé un cap, on ne peut plus prétendre accéder au haut niveau. Cela n’empêche pas de continuer à chercher à s’y maintenir dans sa catégorie. Aucun âge n’est à exclure.

La compétition « moyen » concerne les enfants, les jeunes et les adultes en initiation ou les pratiquants qui, quelque soit leur âge, restent dans des pratiques locales.

La compétition « ludique » peut concerner tout le monde.

Le comité se positionne pour proposer des compétitions adaptées à tous les âges.

Performance et environnement…

les progrès réalisés par les sportifs dépendent bien sûr d’eux-mêmes, mais aussi de l’environnement dans lequel ils évoluent. Le rôle des animateurs et entraineurs est primordial. Cela suppose une formation initiale et permanente aussi bien aux évolutions de la technique, de la pédagogie qu’à la connaissance du fonctionnement de la tête et du corps humain. Cela suppose également un matériel de qualité adapté à la réalisation de performances.

Le comité se positionne pour favoriser la formation initiale et permanente des animateurs et entraineurs des clubs pour favoriser une progression générale du niveau dans tous les clubs.

Le comité se positionne pour aider les athlètes à disposer de matériel de qualité.

Compétition « but », club, fédération et territoire…

Au-delà d’un certain niveau, un club seul ne peut plus faire face aux conditions qui vont permettre à certains de ses adhérents de progresser. De même, le niveau FSGT présente des limites à un moment donné. Cette réalité engendre de la concurrence « non-réglementée » qui est préjudiciable à tous.

Le comité se positionne pour que des ententes entre clubs s’opèrent, clubs de la FSGT en premier lieu, clubs grands partenaires du Conseil général ensuite, autres clubs FF éventuellement, pour constituer éventuellement des « pôles espoirs FSGT en Seine-Saint-Denis », afin de favoriser le plus haut niveau possible dans le comité et conserver les meilleurs sportifs au sein du département.

Comment avancer ?

D’abord, discuter du cadre de référence proposé, l’amender, afin d’aboutir à une reconnaissance collective.
Confronter la situation dans chaque discipline à ce cadre afin de se fixer des objectifs de développement.

Le comité pour sa part, mettra les moyens nécessaires à disposition des commissions sportives et des clubs qui s’engageront dans cette politique de repositionnement

JP Mouillesaux le 21 janvier 2011